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Le surnom, le « chafre », d’abord personnel, s’attache souvent à une lignée ou à une de ses branches. L’originalité de la famille Fil(l)et du Périgord est d’être souvent la seule, dans sa paroisse, sans surnom. Entourés de voisins tous « dits… », ceux des Brouillatoux au Coux vers 1680, ceux d’Alles vers 1750, sont seulement désignés par leurs noms, prénoms et lieux-dits ; simplement, parce que, vers 1680, il n’y a, au Coux, qu’une seule maisonnée Fil(l)et, et qu’à Alles, vers 1750, seulement 2 chefs de famille de ce nom, et avec 2 prénoms originaux, Micheau et Géraud Fil(l)et. Au 19 e siècle, la famille ayant prospéré à Trémolat, les fils de la prolifique Marie Rebeyrotte ont reçu chacun leur chafre suivant des règles traditionnelles :
- Pour l’ainé « dit Pautie » : le nom du lieu-dit où habite sa famille, surnom transmis par son grand-père maternel
- Pour le deuxième «dit Rebeyrou », un dérivé du nom de sa mère, comme un siècle auparavant des Teyssendier sont « dits Filet » à Mouzens
- Pour le troisième « le Gros, sans commentaire… ; le sobriquet ironique met en relief un trait de caractère ainsi Filet dit « Major », homme d’autorité !
- Pour « Lagnel », le quatrième fils de Marie Rebeyrotte, une explication à trouver
Chez Elisabeth Chassaigne, les 2 Jean Filet sont distingués par leur place dans la fratrie : Jean l’Aîné et Jean le Jeune.
- Le plus vieux et, longtemps unique, chafre héréditaire de la famille pose une énigme.
Pourquoi l’ancien des lignées d’Alles est-il dit Vendôme/Vandome ? en souvenir d’un Gilbert Filhet de la Curée, Gouverneur du Vendômois, estimé d’Henri IV et de Biron ? Les anciens soldats gardent souvent le nom de leur régiment … Henri IV crée en 1651, un régiment d’infanterie pour le fils qu’il a de Gabrielle d’Estrée ; ce fils reçoit le titre de duc de Vendôme, porté par Antoine de Bourbon, son grand-père, époux de Jeanne d’Albret, reine de Navarre, et le régiment s’appelle « de Vendôme » ? Pierre de Filley (autre variante orthographique), tué au siège de Nice en 1705, s’y illustre comme ingénieur. Quels liens entre le modeste croquant périgordin et ces glorieux personnages, presque homonymes, sinon le service du souverain béarnais et de sa famille ? P lus simplement, il peut tenir ce surnom d’un hameau, comme celui situé à Rampieux, ou de Saint-Julien -le- Vendomois dans l’actuel département de la Corrèze ? Claudine Filet. |